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Sauvetage en haute mer avec la boule gyrostabilisée

Safran propose des systèmes électro-optiques gyrostabilisés pouvant être embarqués sur de nombreux aéronefs : hélicoptère, avion, drone ou aérostat. Extrêmement robustes et qualifiés en environnement sévère (mauvais temps, forte chaleur, froid extrême, etc.), ils sont conçus pour des missions de surveillance, de recueil de renseignements, de sauvetage, de jour comme de nuit. À ce titre, ils sont utilisés par plusieurs bases aéronavales françaises, notamment celle de Lanvéoc-Poulmic, non loin de Brest, dans le Finistère.

Loïc est sauveteur en mer. Et plus précisément, opérateur « SENSO », c’est-à-dire un électronicien navigant. Il est chargé de la détection à bord des aéronefs de la Marine nationale. À bord de l’hélicoptère dédié aux opérations Search and Rescue (sauvetage en mer), c’est lui qui coordonne les différents senseurs depuis une console située dans la cabine de l’appareil. C’est lui qui assure également le treuillage lors des missions de sauvetage en mer. La situation est urgente, il s’agit de porter secours à un plaisancier en détresse.

Soir de tempête

Loïc est en train de dîner avec ses coéquipiers d’astreinte lorsque son téléphone portable se met à sonner. Il se lève précipitamment en entendant la sonnerie spécifique qu’il a choisie pour identifier les appels de la flottille d’hélicoptères 33F à laquelle il appartient.

Yann, Gwendal et Adrien se précipitent également dans leur voiture pour rejoindre la flottille. Yann est le pilote et Gwendal l’assistant-pilote que l’on nomme aussi le COTAC (Coordinateur Tactique). Installé sur le siège de gauche dans l’hélicoptère, il est responsable du choix des capteurs prioritaires. Quant à Adrien, c’est le plongeur pour cette mission.

Arrivé à la flottille 33F, Loïc se fait expliquer la situation par un opérateur du CROSS Corsen (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) pendant que le reste de l’équipage s’active autour de la préparation de l’hélicoptère. Un message de détresse a été reçu il y a environ 20 minutes : il s’agit du propriétaire d'un voilier qui a démâté dans le chenal du Four.

Depuis cet appel, plus rien… Silence radio ! La chute du mât a pu causer une voie d’eau et le voilier risque de s’échouer sur les récifs entourant le chenal. Il faut faire vite, la zone où le navire se trouve est au cœur d’une dépression située à environ 70 kilomètres de la côte. Une distance trop importante pour une intervention rapide du canot de sauvetage de la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer) du Conquet.

Nuit sombre, plafond bas et mer démontée

Le plus important est de retrouver très vite le navire et son occupant.

Dans ce secteur, les vagues avoisinent les 3 mètres de haut et le voilier ne mesure que 7 mètres de long. Loïc pose rapidement quelques questions sur la couleur du bateau, les conditions de mer et de vent sur zone. Avec un vent de force 5, l'opération s’avère délicate.

Non seulement la radio ne répond pas, mais aucune balise de détresse n’a été actionnée.

À son retour de la salle de briefing, Loïc constate que l'hélicoptère est sorti du hangar et Yann se trouve déjà aux commandes. Gwendal, Adrien et deux mécaniciens s'activent autour de la machine. En moins de dix minutes, l’équipage est prêt à décoller.

Un hélicoptère doté d’un système de surveillance high-tech

L’appareil qui décolle est un hélicoptère de dernière génération : le NH90, dit « Caïman Marine ». Au sein de la Marine nationale, au-delà des missions de combat naval, le Caïman Marine accomplit avec succès de nombreuses missions de soutien : sauvetage en mer, assistance aux bâtiments en détresse, évacuation sanitaire, logistique navale, transport de commandos... Chacun de ces aéronefs est pourvu d’une avionique ultra moderne et surtout d’une boule électro-optique gyrostabilisée (BGS) Euroflir 410 développée par Safran.

Fixée à l’avant de l’appareil, en dessous du cockpit, elle permet d'observer et de détecter les mouvements au sol comme en mer, quelles que soient les conditions météorologiques. Cet équipement est capable de repérer un naufragé à plusieurs kilomètres, en pleine nuit et au milieu d’une tempête.

La « Boule » de nouvelle génération entre en action

Dans l'hélicoptère qui survole maintenant les crêtes déferlantes, la tension est palpable. La dernière position communiquée par le propriétaire du voilier remonte à près d’une heure. Compte tenu du vent et de la houle, il a pu dériver de plusieurs milles nautiques… Au bout d’une vingtaine de minutes, alors que l'appareil vole à plus de 140 nœuds (260 km/h), Loïc prépare la cinématique de recherche (mise en œuvre des moyens de détection) et guide le pilote de façon à couvrir la zone de la manière la plus efficace. Concentré derrière sa console, il décide tout d’abord de scanner la zone correspondant au dernier appel radio. Cette opération est réalisée de manière automatique grâce à la ligne de visée gyrostabilisée dont est dotée la BGS. C’est elle qui calcule les trajectoires permettant de balayer tout un secteur. Pendant cette opération, l’opérateur utilise principalement l’infrarouge pour détecter des points chauds à la surface de l’océan.

Soudain un signe de vie !

Quelques minutes seulement se sont écoulées lorsque l'opérateur s'écrie :

J’ai un Hot Spot dans le 182, à 5 nautiques !

Grâce à la fonction « Hot Spot Detection – détection de points chauds » intégrée dans la BGS, Loïc vient de détecter une forme humaine. Mais il faut s’assurer qu’il s’agit bien du naufragé recherché ! Il zoome de manière continue en infrarouge en utilisant maintenant la fonction Spotter (qui permet l’agrandissement d’un point précis) de la boule gyrostabilisée.

Dans cette situation météorologique dégradée, il active la voie Spotter Infrarouge. L’image ne laisse aucun doute à l’opérateur. Bien qu’à plusieurs kilomètres de la cible, il peut voir clairement une personne juchée sur la coque retournée d’un bateau. Il prend aussitôt une photographie géoréférencée de l’homme et de son embarcation. Les coordonnées exactes sont directement transmises à un navire de la Marine nationale qui pourra, une fois le sauvetage du naufragé effectué, venir récupérer l’épave et éviter une collision avec un autre navire.

Un sauvetage aussi rapide qu'efficace

Malgré les rafales de vent, le Caïman Marine se positionne au-dessus du bateau en perdition. Le plongeur de bord descend à la rencontre du rescapé qu’il sangle rapidement. Les deux hommes sont aussitôt remontés à bord de l’appareil. Moins d’une heure après cet hélitreuillage réussi du premier coup, le NH90 se pose sur l’héliport de l’hôpital de Brest. À son bord, un passager supplémentaire sain et sauf ! Mais, comme le veut la procédure, il va subir un examen médical complet. Une fois encore, la BGS a démontré son efficacité dans des conditions météorologiques qui, autrefois, auraient rendu peu probable une issue aussi heureuse !

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