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Safran construit l’ergonomie de l’usine du futur

Safran déploie une démarche ambitieuse pour introduire l’ergonomie dans les projets de conception industrielle en lien avec l’usine du futur. Trois questions à Jean-François Thibault, responsable du programme ergonomie à la direction développement durable du Groupe.

Quelle place occupe l'ergonomie dans les projets ?

Jean-François Thibault : L'ergonomie est un axe stratégique du projet « Usine du futur », piloté par la direction industrielle de Safran dans le cadre de la transformation digitale du Groupe. De nombreuses problématiques de manutentions, de postures, de charges de travail, etc. subsistent dans les usines du Groupe. Partant de ce constat, nous avons lancé, il y a trois ans, une politique de développement de la robotique collaborative. La mise au point de ces machines, qui ne se substituent pas à l'homme mais travaillent avec lui, nécessite de penser à l'ergonomie de l'interaction entre le cobot et l'utilisateur dès la conception, et d'évaluer les risques liés à la situation de travail dans sa globalité.

Et comment cela se traduit-il ?

J.-F. T : Aujourd'hui, des équipes de Safran participent au « Factory Lab » du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives, un consortium1 de recherche et développement avec lequel nous travaillons sur des futures générations de cobots capables de résoudre ces problématiques liées aux manutentions et postures. Des projets au long cours y sont donc menés. De plus, une plate-forme de conception de robotique collaborative a été créée en interne pour développer rapidement des solutions spécifiques pour l'ensemble des usines du Groupe.

Les opérateurs participent-ils au développement des solutions ?

J.-F. T. : Les opérateurs y participent à plusieurs niveaux. Dès les phases de conception, des outils de réalité virtuelle sont utilisés pour simuler des scénarios d'activité.

Safran Nacelles a choisi la solution de réalité virtuelle ESI IC.IDO pour effectuer des revues et validation de ses procédés de fabrication, mettre en place de nouvelles méthodes d'assemblage, et lancer des formations interactives  pour la maintenance.
Salle de réalité virtuelle

Pour aller plus loin, nous mettons au point, en collaboration avec le CEA, des démonstrateurs permettant de tester à l'échelle 1 et dans l'environnement sécurisé d'un laboratoire, les nouveaux postes de travail. L'opérateur mis en situation avec le cobot peut appréhender ainsi concrètement la situation de travail et poser les bonnes questions par rapport à ses besoins. La formation se poursuit en phase d'industrialisation, sur le site où est installé le démonstrateur. Cette implication est essentielle pour prendre en compte la complexité des situations et accompagner la conduite du changement.

 

En savoir plus

- L'usine du futur, un enjeu stratégique

- Les engagements de Safran

 

 

1 Cette entité regroupe des organismes scientifiques (CEA, Cetim), académiques et des industriels (Safran, PSA, Naval Group, Technip, Vinci…).

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