De l’Internet des objets au pilotage des avions

Réunissant une vingtaine d’entreprises, le projet S3P (Smart, Safe and Secure Platform) a pour objectif de créer une plateforme sécurisée de programmation d’objets connectés, ouverte aux développeurs. Partenaire du projet, Safran compte utiliser cette plateforme pour améliorer les performances de ses équipements.

Le projet français S3P réunit au sein d'un consortium une vingtaine de groupes industriels et de PME spécialisées dans le développement de plateformes numériques embarquées. Sa vocation ? Devenir une trousse à outils, un catalogue de solutions pour programmer des objets connectés. Safran s'est associé dès l'origine à cette aventure collaborative, lancée fin 2015, dont les retombées concrètes ne se sont pas fait attendre : « La plateforme S3P nous a permis de tester à échelle réduite les technologies de l'Internet des objets dans un système embarqué, explique Jean-Christophe Jammes, chef de programme R&T chez Safran Electronics & Defense. Nous espérons maintenant pouvoir intégrer ces technologies à bord de nos avions et hélicoptères, avec pour horizon une mise en service en 2020-2025. »

Safran à bord (non exhaustif): 
Composants moteurs Engine Alliance GP7200 (Safran Aero Boosters)
Câblages (Safran Electrical & Power)
FADEC moteurs Engine Alliance GP7200 (au sein de FADEC International) (Safran Electronics & Defense)
Train d'atterrissage avant (Safran Landing Systems)
Nacelles moteurs Engine Alliance GP7200 (Safran Nacelles)
Nacelles moteurs Rolls-Royce Trent 900 (Safran Nacelles)

Anticiper les pannes

Les problématiques de l'Internet des objets, en particulier celles liées au recueil et à la transmission des données, rejoignent celles de l'aéronautique de demain. Pour Safran, les technologies développées dans le cadre de S3P trouvent leur application dans les systèmes de gestion de la régulation des moteurs, des commandes de vol, et des trains d'atterrissage« Ces fonctions aéronautiques essentielles sont aujourd'hui assurées dans nos appareils par des calculateurs dédiés, poursuit Jean-Christophe Jammes. Par exemple, un processeur recalcule toutes les 20 millisecondes la quantité de carburant à injecter dans les chambres de combustion. Demain, avec la plate-forme S3P, ces calculateurs pourront envoyer en temps réel des données au sol et avoir des fonctions annexes de monitoring. L'objectif de cette surveillance permanente est simple : améliorer la maintenance des équipements et anticiper les pannes. C'est là pour nous tout l'enjeu ! »

Safran à bord (non exhaustif) :Composants moteurs CFM56-7B (Safran Aero Boosters)Moteurs CFM56-7B (au sein de CFM International) (Safran Aircraft Engines)Câblages (Safran Landing Systems)Boîtier accessoires moteurs CFM56-7 / -7B (Safran Transmission Systems)

Comme pour les objets connectés dans le domaine de la santé, la fiabilité du traitement de la donnée est indissociable de sa totale sécurisation : les commandes de fonctionnement d'un appareil ne peuvent pas risquer d'être piratées ou défaillantes. Pour autant, la plateforme S3P vise à créer un langage commun à tous les développeurs d'applications : « Le défi technologique est de pouvoir héberger des fonctions critiques pouvant impacter la sécurité dans un monde ouvert », résume Jean-Christophe Jammes.

Au-delà des enjeux techniques et des résultats technologiques, le projet permet aux industriels et responsables de PME membres du consortium S3P de se rencontrer : « Nous avons ainsi découvert la société Prove & Run, un éditeur de logiciels spécialisé dans la sécurité informatique des objets connectés, dont nous allons tester la technologie dans un calculateur de régulation moteur », précise Jean-Christophe Jammes. Prove & Run vient d'être récompensé au Forum international de la cyber-sécurité qui s'est tenu fin janvier 2017 à Lille.

 

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Un projet collaboratif

Le projet S3P est doté d'un budget de 45 millions d'euros sur trois ans, financés par les membres du consortium et soutenu par l'État à hauteur de 18,3 millions d'euros, dans le cadre du plan Confiance numérique. Des acteurs issus de la santé, de la domotique, de l'énergie, de l'automobile, du ferroviaire ou de la logistique participent aussi au projet.