Cobotique : des robots collaboratifs

La cobotique est de plus en plus présente dans les sites de production de Safran. Cette discipline consiste à développer une nouvelle génération de robots conçus pour travailler en collaboration directe avec l’homme, et non pour le remplacer. Explications avec Jean-François Thibault, conseiller Groupe programme Ergonomie, et Cédric O, chargé de mission pour l’Usine du futur.

La cobotique industrielle est une discipline récente. Comment la définissez-vous ?

Le mot « cobotique » vient de Cooperative Robotics. Cette discipline se caractérise par l'interaction, directe ou à distance, entre un opérateur et un système robotique. On distingue plusieurs types de cobots : ceux pilotés par un opérateur situé à proximité immédiate du système, d'autres commandés à plus grande distance (ou téléopérés) et les exosquelettes, sortes de prolongements du corps humain.

Le centre Safran Landing Systems de Villeurbanne, près de Lyon, regroupe 200 personnes. Ce site est spécialisé dans la production des disques de freins carbone, pour l’aéronautique essentiellement mais également pour certaines voitures destinées à la compétition automobile.

Le principe est d'associer en temps réel les capacités d'un robot (force, précision, répétition…) et les compétences d'un être humain (savoir-faire, analyse, décision…). C'est pour cela que nous parlons de robotique collaborative. Son intérêt est d'accompagner ou d'aider le collaborateur dans ses fonctions ou dans des situations particulières. Par exemple en améliorant les conditions de travail, en prévenant les troubles musculo-squelettiques, l'une des premières causes de maladies professionnelles, ou encore en évitant l'exposition directe de l'opérateur à des environnements dangereux. Mais la cobotique a aussi pour vocation d'améliorer la productivité de l'homme, en lui permettant de se consacrer aux tâches à forte valeur ajoutée. Par exemple, un cobot présentera une pièce à l'opérateur selon le bon angle afin qu'il puisse se concentrer sur le geste d'ajustage.

 

Sous quelles formes la cobotique est-elle aujourd'hui présente dans le Groupe et quelles sont ses perspectives de développement ?

Nous agissons simultanément sur plusieurs fronts, l'idée étant évidemment de coordonner nos actions, de mettre nos moyens en commun et de partager nos expériences au sein du Groupe. L'expérience montre que mieux comprendre l'articulation homme-machine est un point-clé pour développer une cobotique adaptée à nos métiers. Nous avons donc lancé en 2014 un programme de recherche appliquée. Dans ce cadre, un roboticien, un ergonome et un cogniticien développent des concepts de cobots, qui sont testés dans les usines d'Herakles et d'Aircelle, et analysent leur interaction avec l'homme.

Parallèlement, Snecma a créé un atelier d'innovation industrielle qui teste des robots sur ses lignes de production. Enfin, dans le cadre du plan gouvernemental « Usine du futur », Safran et d'autres groupes industriels français développent une plate-forme d'innovation technologique dont l'un des thèmes de travail est l'assistance physique des opérateurs par la cobotique.

 

Découvrez la future ligne d'assemblage du moteur LEAP 

 

Les cobots en action

Chantal Peyroutou, responsable de l'atelier d'innovation industrielle chez Snecma, explique comment la cobotique s'intègre aux lignes de production du motoriste.

Sur quels projets utilisez-vous des cobots ?

Au sein de l'atelier, nous évaluons des solutions cobotiques dans un environnement proche des conditions réelles de la production. Aujourd'hui, nous sommes au terme de la phase de prototypage pour deux projets importants qui vont se concrétiser dans nos usines en 2016. L'un consiste à automatiser la pose d'équipements sur une pièce du moteur LEAP-1B, qui équipera le futur Boeing 737 MAX, tandis que l'autre porte sur l'insertion et la fixation de pièces sur les outillages.

Quels avantages tire-t-on de la cobotique ?

Dans ces deux projets, la cobotique va permettre de gagner du temps, d'éviter des manipulations humaines répétitives, comme le serrage, et ainsi de prévenir les troubles musculo-squelettiques de la main. Les compagnons peuvent alors se consacrer plus librement aux gestes professionnels impliquant un savoir-faire et une technicité spécifiques. Si cette discipline apparaît comme particulièrement intéressante dans notre industrie, c'est parce que la contribution de l'homme au processus de production y est primordiale.

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