L'éco-conception au cœur de Safran

Dans le cadre de sa démarche de responsabilité sociétale et environnementale, Safran est fortement engagé dans l'éco-conception. Les explications de Bertrand Fiol, conseiller groupe Toxicologie - Risques chimiques à la direction Développement durable de Safran.

Qu'appelle-t-on l'éco-conception ?

L'éco-conception consiste à prendre en compte les impacts d'un produit sur la santé et l'environnement tout au long de son cycle de vie, dès les phases de conception et de développement. Cela implique de réduire la consommation et les émissions polluantes des moteurs d'avions et d'hélicoptères, de diminuer ou supprimer les produits nocifs pour la santé et l'environnement dans les sites de production ou encore de favoriser le recyclage des produits. La démarche doit donc être abordée de manière globale, afin d'éviter qu'un risque soit transféré d'une étape du cycle de vie vers les suivantes.

Concrètement, comment l'éco-conception se traduit-elle dans les activités de Safran ?

Depuis plus de quarante ans, l'amélioration des performances techniques de nos produits intègre des contraintes en termes de SSE*. Depuis quelques années, nous structurons plus en avant la démarche afin de raisonner de manière globale sur les cinq impacts clés identifiés par le Groupe (voir encadré), en mettant notamment l'accent sur les substances chimiques. Nous avons ainsi élaboré et déployé un standard d'exigences minimales, des outils d'évaluation et une liste de substances chimiques recommandées et interdites. Concrètement, nous avons, par exemple, remplacé la plupart des produits de dégraissage contenant des solvants chlorés par des solutions lessivielles, beaucoup moins nocives pour l'environnement. Par ailleurs, certaines substances ont été proscrites par le Groupe ou font l'objet de programmes de substitution ambitieux tels que le plomb ou le cadmium. Autre exemple : Morpho, un des leaders mondiaux de l'industrie des cartes à puce, a lancé la solution "Simply Green", une carte dont le support est en fibre de bois, et non en plastique, un matériau totalement biodégradable provenant de forêts gérées de façon durable.

Le Groupe poursuit également ses travaux pour réduire l'impact environnemental des moteurs. Conformément aux objectifs de l'ACARE**, Safran vise une réduction de 80 % des émissions de NOx (oxydes d'azote) et une diminution de 50 % des rejets de CO2, ainsi que du bruit perçu. A cet égard, Aircelle a d'ailleurs largement contribué à la performance acoustique du bloc moteur-nacelle en ayant recours aux technologies du nid d'abeille qui absorbe le bruit généré.

Des actions sont-elles menées pour favoriser le recyclage de vos produits ?

Safran s'est associé à Airbus, GDF Suez et Equip'Aéro Services, au sein d'une société implantée à Tarbes, Tarmac Aerosave. Sa mission est de pousser le plus loin possible le démantèlement des appareils, afin de valoriser au maximum les pièces ou matériaux d'aéronefs en fin de vie : récupération, réutilisation ou recyclage de pièces détachées. Depuis le lancement de son activité en 2009, Tarmac Aerosave a déjà procédé à la déconstruction d'une trentaine d'aéronefs.

* Santé, Sécurité, Environnement
** ACARE : Advisory Council for Aviation Research

Cinq axes prioritaires

L'éco-conception couvrant un champ très large, Safran a choisi de se focaliser sur la réduction de cinq impacts environnementaux en lien avec ses activités :

  • la toxicologie et l'éco-toxicologie, c'est-à-dire l'utilisation de produits nocifs pour la santé ou l'environnement (solvants, traitements de surface, etc.)
  • la consommation énergétique, en priorité celle des moteurs d'aéronefs
  • l'épuisement des ressources naturelles non renouvelables
  • les rejets atmosphériques
  • le bruit
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