Herakles, un industriel éco-responsable

Fruit de plusieurs années de recherche, la nouvelle station de traitement biologique d’Herakles (Safran), baptisée LICORNE™, permettra d’éliminer le propergol produit sur le site de Saint-Médard-en-Jalles de manière respectueuse pour l’environnement.

Opérationnelle depuis janvier 2014 sur le site de Saint-Médard-en-Jalles, près de Bordeaux, la station de traitement biologique LICORNE* a été officiellement inaugurée le 24 avril dernier. Cette installation, unique en Europe, propose une alternative éco-responsable aux solutions actuelles d'élimination des propergols, grâce à l'utilisation de bactéries. « Jusqu'à présent, le brûlage était le seul moyen d'élimination utilisé, confirme Anthony Schyns, chef de programme Démantèlement chez Herakles. Désormais, nous utilisons un procédé de traitement biologique pour éliminer le propergol et son composant principal, le perchlorate d'ammonium. Ce composé chimique est extrait par macération dans de l'eau chaude, puis dégradé par des bactéries spécifiques, qui vont ainsi nous permettre de récupérer des effluents propres. C'est le coeur du procédé innovant d'Herakles. »

Le fruit de vingt ans de R&D

Cette installation est l'aboutissement de travaux de recherche menés depuis les années 1990. En laboratoire, en grandeur nature avec l'installation de pilotes au Centre Spatial de Kourou, puis à Saint-Médard-en-Jalles, permettant ainsi d'améliorer le procédé et d'augmenter progressivement la capacité de traitement, d'une tonne initialement à trente tonnes par an. Aujourd'hui, la station LICORNE est capable d'éliminer 300 tonnes de perchlorate d'ammonium par an, ce qui couvre l'ensemble des besoins actuels.
Partenaire financier du projet, la Direction générale de l'armement est le principal client de cette unité. En effet, la DGA et Herakles se sont engagés pour les dix prochaines années à assurer le démantèlement des missiles M45 et M51 ainsi que le traitement des déchets de propergol et de perchlorate d'ammonium générés lors des phases de production ou présents dans les parties propulsives de ces missiles en fin de vie. « Avec la station Licorne, nous sommes en mesure de garantir à nos clients que leurs déchets seront traités dans le respect de l'environnement. Pour eux, c'est un bénéfice majeur », souligne Anthony Schyns.

Un marché prometteur

L'investissement réalisé par la DGA et par Herakles pour mettre en place cette station de traitement sera amorti car l'avenir de la station semble assuré. « Dès 2016, la réglementation prévoit l'encadrement des brûlages de propergol. De plus en plus d'industriels pourraient alors se tourner vers notre dispositif, analyse Anthony Schyns. Nous avons anticipé cette échéance en dotant notre unité d'une capacité de traitement supérieure aux besoins actuels. »

* Ligne Industrielle de Collecte des Objets pyrotechniques et de Réduction Naturelle des Effluents.

Un fonctionnement en quatre étapes

L'unité LICORNE traite les déchets de fabrication de propergol ainsi que les propulseurs en fin de vie.

  1. Les propulseurs sont désassemblés (dégroupage), ce qui consiste principalement à démonter l'allumeur et l'ensemble arrière.
  2. Les corps de propulseurs chargés sont alors vidangés par un jet d'eau sous pression. La structure des propulseurs peut être réutilisée ou dirigée vers un centre de valorisation.
  3. Le propergol récupéré passe ensuite par une étape d'extraction du perchlorate d'ammonium (70 % de la composition du propergol), par broyage et macération. Les autres composants sont non-pyrotechniques peuvent être valorisés dans des filières adaptées.
  4. Le perchlorate d'ammonium est dégradé par voie biologique grâce aux bactéries spécifiques développées par Herakles qui le transforment en azote et en chlorure.
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