Ramp-up : Safran au rendez-vous

Les succès commerciaux de Snecma (Safran) génèrent un phénomène de <i>ramp-up</i>. En clair, une accélération des cadences de production. Le Groupe a su anticiper ce défi industriel et humain, mobilisant ses équipes internes, ses fournisseurs et ses outils de production.

Totalisant près de 11 300 commandes fermes et intentions d'achat de moteurs CFM56 et LEAP, dont 6 400 pour ce dernier, le carnet de commandes total de CFM International1 au 31 mars 2014 représentait près de six années de production, un niveau encore jamais atteint. Pour relever le défi de l'industrialisation, Safran s'est donc mis en ordre de bataille : « Nous allons devoir réussir la montée en cadence du LEAP, en passant de 0 à 1 500 moteurs fabriqués par an », rappelle Marc Ventre, directeur général délégué, Opérations de Safran.

Le défi industriel du LEAP

Le Groupe a anticipé cette montée en cadence, en adaptant son organisation interne et en sécurisant sa supply chain. « Il s'agit d'un défi majeur, car nous n'avons pas droit à l'erreur, rappelle Marc Ventre. Les processus de production ont été optimisés et les synergies entre les sociétés du Groupe ont été systématiquement recherchées et appliquées. » En outre, d'importants investissements industriels ont été réalisés : « Nous avons créé avec notre partenaire Albany International deux usines dédiées à la production des pièces en composite tissé 3D RTM2 de ce moteur : l'une à Rochester, aux États-Unis, l'autre à Commercy, en France », détaille Marc Ventre. La première est entrée en service en 2013, la seconde devrait ouvrir ses portes à l'automne 2014.
Autre exemple : au mois d'avril, Aircelle (Safran) a posé la première pierre d'un nouveau site d'intégration à Hambourg, destiné à l'assemblage et à la livraison des nacelles des moteurs LEAP de l'Airbus A320neo.

Anticipation et accompagnement

Cette montée en puissance touche aussi le plan de charge des 180 sous-traitants du programme LEAP. Ainsi, pour accompagner et préparer ses fournisseurs à faire face à ce pic de charge, Safran a initié dès 2012 le projet LS2R (LEAP Supplier Rate Readiness). Cette méthode permet d'identifier les difficultés auxquelles sont confrontés les fournisseurs et d'élaborer avec eux des solutions opérationnelles. Le Groupe a aussi déployé des outils de pilotage de la production, comme le management de la performance et le QRQC (Quick Response Quality Control), démarche d'amélioration de la performance opérationnelle.
Autre levier : des accords contractuels avec certains de ses fournisseurs, comme Mecachrome avec lequel Safran a signé récemment un contrat d'achat portant sur la production d'aubes de turbine basse pression en aluminure de titane (TiAl) pour le LEAP.

1 CFM International est une coentreprise 50/50 entre Safran et GE. Son moteur CFM56 est le turboréacteur le plus vendu au monde. Son successeur, le LEAP, entrera en service en 2016.
2 Moulage par injection de résine. Ce procédé sera utilisé pour la production des aubes et des carters de soufflante du moteur.
3 Source : Boeing Estimé à plus de 24 600 appareils3 d'ici aux vingt prochaines années, le marché des monocouloirs représente un énorme enjeu pour Safran. Outre le moteur LEAP, destiné à l'Airbus A320neo, au Boeing 737 MAX et au COMAC C919, le Groupe fournit à ces avions de nombreux équipements : nacelles, trains d'atterrissage, avionique, systèmes électriques…

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