Le Rafale prêt à s’envoler en Inde

A l'issue d'un appel d'offres lancé en 2007, l'Inde a annoncé il y a quelques semaines son intention d'acheter à la France 126 Rafale. Le contrat définitif pourrait être signé en 2012. Fournisseur de nombreux équipements et composants de l'avion de combat, Safran est largement impliqué dans ce programme. Explications avec Gérard Le Page, directeur du programme Rafale en Inde chez Safran.

 
Quelles sont les principales sociétés deSafran concernées par ce contrat ?
En tête de liste figure Snecma, qui développe et produit le moteur du Rafale, le M88-2, qui représente à lui seul 75% de la valeur de la contribution du Groupe dans ce contrat. Plusieurs autres sociétés sont également impliquées comme Microturbo pour l'APU, Messier-Bugatti-Dowty pour les trains, roues et freins ; Hispano-Suiza pour les transmissions de puissance ; Labinal pour l'ensemble des harnais électriques ou encore Sagem qui fournit les centrales inertielles, le Fadec (système de contrôle) du moteur ainsi que le système de guidage de l'armement air-sol modulaire (AASM), une arme majeure du Rafale. Sont également présents Technofan, Aircelle, Herakles et Turbomeca. Globalement, ce contrat qui s'accompagnera obligatoirement de transferts de fabrication très importants, devrait représenter un chiffre d'affaires d'environ 2,5 milliards d'euros pour Safran, en fonction de l'armement retenu.

Quelles technologies de pointe ces sociétés mettent-elles en oeuvre sur le Rafale ?
La liste est longue, tant cet appareil de très haute technologie concentre les savoir-faire au plus haut niveau dans tous les domaines : thermodynamique, matériaux, électronique... Citons, par exemple, les aubes de turbine monocristallines, la métallurgie des poudres appliquée à certaines pièces du moteur, les composites à matrice céramique employés pour la fabrication des volets de tuyère, les carters à parois minces des transmissions de puissance, la technologie gyro-laser des centrales inertielles, ou encore le système de guidage très sophistiqué du AASM.

 
Safran entretient des relations privilégiées avec l'Inde depuis de nombreuses années. Comment vont-elles évoluer à la suite de cette annonce ?
Il est certain que le Rafale devrait donner un coup de fouet à notre développement dans ce pays, où le Groupe est implanté depuis les années 1960, et compte aujourd'hui plus de 2 000 collaborateurs au sein de huit filiales ou joint-ventures, entre autres, un bureau d'études à Bangalore où travaillent 550 ingénieurs. Morpho participe au programme d'identification biométrique le plus important au monde qui permettra d'attribuer un numéro d'identification unique à chaque citoyen indien, et les équipes de maintenance de CFM International gèrent un parc de 350 moteurs CFM56 en service sur les flottes des compagnies aériennes d'Asie du Sud. Avec le Rafale, il est à prévoir que notre activité s'intensifie fortement. L'industrie aéronautique indienne est aujourd'hui dans une phase de construction. Elle a besoin de formation, d'assistance technique, de transfert d'expérience. Nous allons donc nous mobiliser pour accompagner cette montée en compétence. Par voie de conséquence, ce contrat débouchera sur un important volume d'activités pour les Centres d'Excellence Industrielle de nos bases françaises. Au-delà de ce formidable contrat, il pourrait y avoir un effet d'entraînement auprès d'autres pays, clients potentiels du Rafale auprès desquels nous avons des offres en cours...

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