Une première pour l’infanterie : le FELIN est en service

Sarrebourg, 8 février 2011, zone d’entraînement du 1er Régiment d’Infanterie : première présentation publique en « live » du système FELIN fourni par Sagem (groupe Safran) aux Forces françaises. C’est l’occasion pour ce régiment français, le plus ancien de l’histoire militaire européenne, de faire un premier bilan.

Assaut de vive force, combat en zone urbaine, progression discrète dans l'obscurité d'un immeuble, reconnaissance offensive, neutralisation d'adversaires dissimulés, protection de sites depuis un poste d'observation… Autant de scénarios opérationnels qui clôturent la phase dite « d'appropriation technique » de FELIN par cette unité de l'Armée de terre. Après cette phase de six semaines qui vient de s'achever, une nouvelle étape s'annonce : celle de la vie opérationnelle du système et de son appropriation tactique. Elle sera suivie par son déploiement en opérations extérieures avant la fin 2011.

L'espace de bataille numérisé
Développé par Sagem (groupe Safran), FELIN (Fantassin à Equipement et Liaisons Intérgrés) fait entrer de plain-pied les soldats dans un nouvel espace de bataille, entièrement numérisé. Le coeur du système repose sur un gilet électronique qui porte une radio individuelle avec GPS intégré - une vraie nouveauté pour les soldats -, le calculateur, les batteries et l'IHM (Interface Homme-Machine), un mini-terminal affichant des données, notamment les ordres, les positions des équipiers, et des images provenant des lunettes de tir pour la visée déportée.
Autre nouveauté : le bandeau osthéophonique permettant la transmission du son par la vibration des os du crâne. Il permet d'utiliser la radio en toute discrétion, en laissant les oreilles disponibles pour entendre les bruits extérieurs. Un clavier intégré à la poignée du fusil permet au combattant de commander les fonctions essentielles du système FELIN, radio et lunette de visée, tout en gardant les mains sur l'arme. Il peut donc agir sans quitter l'objectif des yeux et ainsi, garder la possibilité de faire feu.

Génération numérique
Les chefs de groupe et les chefs de section disposent de terminaux de plus grande taille intégrant une cartographie, qui permettent l'échange d'informations avec leurs hommes et l'envoi des ordres : le système d'information terminal du combattant débarqué (SITComDE). Celui-ci permet notamment de suivre en temps réel les positions amies et ainsi de commander avec efficacité la conduite de la manoeuvre. Il contribue aussi au renseignement, grâce à une fonction de transmission d'images en provenance des caméras de tir des combattants FELIN déployés. Grâce à l'apport de l'optronique, le fusil Famas a vu sa portée de tir considérablement améliorée, de jour comme de nuit.
A ce titre, les lunettes de tir sont particulièrement appréciées dans les différentes phases de combat. « Les lunettes de FELIN nous donnent de nouvelles capacités de tir, de jour comme de nuit. Avec notre FAMAS, on passe maintenant à des portées de 400, voire de 600 m.», explique l'un des commandants du régiment. « Le FAMAS nous donne maintenant une nouvelle possibilité de tir de précision à longue distance. En plus, la technologie de FELIN permet toujours la mobilité », ajoute un chef de groupe.
La mission d'observation et de protection d'un dispositif est considérablement améliorée grâce aux nouvelles jumelles infrarouge multifonctions JIM. « La conception de FELIN en système s'est faite autour de l'homme ; elle a pris en compte toutes ses contraintes en matière d'ergonomie, et a facilité le soutien logistique et l'aptitude à durer. Par exemple, pour tous les équipements, lunette et jumelles, on utilise la même batterie », note un capitaine chef de compagnie.

Un apprentissage spécifique
Entièrement nouveau, ce matériel nécessite bien évidemment un apprentissage spécifique avant de pouvoir être utilisé en conditions opérationnelles. Ainsi, Sagem a formé tous les instructeurs militaires à l'Ecole d'Infanterie, ces derniers assurant les formations au sein des régiments. Dès janvier 2011, les hommes du 13e Bataillon de Chasseurs Alpins de Chambéry, deuxième régiment équipé du système FELIN, ont lancé une expérimentation tactique sur terrains d'entraînement afin d'en valider les concepts d'emploi tactique. Quatre autres régiments seront également livrés au cours de l'année, avec pour objectif 22 600 soldats « félinisés » dans les Forces terrestres françaises d'ici à 2015.

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