Hélicoptères : les marchés chinois et russe à la portée de Safran

Le groupe Safran multiplie les coopérations locales et prend ses marques sur les marchés russe et chinois des hélicoptères qui s’annoncent prometteurs.

La prévision est spectaculaire : à partir de 2025, la Russie, la Chine et l'Inde devraient se partager 50% du marché mondial des hélicoptères, civils et militaires confondus. De ces trois pays, la Chine est certainement celui qui offre les plus grandes opportunités. Certes l'aéronautique figure au rang des priorités du 11e plan quinquennal mais l'espace aérien en basse altitude y demeure verrouillé par les militaires, limitant sévèrement le développement des flottes privées et commerciales de voilures tournantes. En attendant l'ouverture du ciel chinois, Safran a pris ses marques dans le pays. « La vente de la licence du Dauphin par Aerospatiale en 1980 est un peu l'acte fondateur des relations de Safran en Chine, rappelle Muriel Duthon, directeur régional Asie du Groupe. Turbomeca avait alors vendu la licence de la turbine Arriel 1 et Sagem avait fait de même avec le pilote automatique du Dauphin. ». Pour Safran, cela s'est traduit par la mise en place de coentreprises et la signature de contrats de sous-traitance avec des partenaires locaux, pour la fabrication de pièces et la maintenance.

Safran se tient prêt
Pour l'heure, le décalage reste sensible entre les flottes en service et les besoins du pays. Différentes sources évaluent une demande pour 1 000 à 1 500 hélicoptères civils et parapublics de 2 000 appareils militaires d'ici à dix ans. L'industrie aéronautique chinoise est également dans l'attente d'une plus grande ouverture de l'espace aérien, tandis que les industriels occidentaux sont dans les « starting blocks ».
Au cours de la prochaine décennie, la carte maîtresse de Safran pourrait s'appeler « Ardiden 3 », un nouveau moteur développé par Turbomeca. L'industriel aéronautique chinois AVIC envisage de motoriser son hélicoptère Z-15 (version chinoise de l'EC175 d'Eurocopter) avec cette turbine de nouvelle génération. Sous le nom de WZ-16, celle-ci sera produite dans le cadre d'une coopération à parts égales avec Safran.

Le réveil de la Russie
Le marché russe des hélicoptères se distingue du marché chinois, notamment par son histoire. « L'aéronautique a toujours joué un grand rôle dans le développement de la Russie soviétique, rappelle Jean-Christophe Corde, directeur Europe, Asie Centrale, Afrique du Groupe. Elle a servi à maîtriser les grands espaces tout en palliant le manque d'infrastructures. ». L'industrie de l'hélicoptère y occupe une place de choix : en témoignent les trois bureaux d'études russes Mil, Kamov et Kazan Helicopters qui gardent une emprise forte sur le marché national. Aujourd'hui, celle-ci affiche de nouvelles ambitions, portées par la réorganisation de ses structures et le lancement de projets d'hélicoptères de nouvelle génération. « La Russie se donne les moyens de ses ambitions et montre une très forte volonté de lancer des coopérations avec les équipementiers occidentaux, note Jean-Christophe Corde. De nombreuses opportunités existent et Safran est très bien placé pour les saisir. »

Jouer la carte de la coopération
Turbomeca est d'ores et déjà engagé dans trois programmes de coopération, dont le Kamov Ka226T est le plus avancé. Cet hélicoptère civil de moyen tonnage, équipé de deux turbines Arrius 2G1, devrait être certifié mi-2012. Les deux autres projets sont le Kamov 62, équipé de deux moteurs Ardiden 3G, et le Mil Mi34 motorisé par deux Arrius 2F. Dans ce cadre, Turbomeca et ses partenaires russes réfléchissent à la mise en place de nouvelles coopérations avec des bureaux d'études et des sites de production. « Dans le domaine de l'avionique et des commandes de vol, son statut de leader mondial offrira à Sagem (groupe Safran) de belles opportunités, estime Jean-Christophe Corde. Safran dispose indubitablement d'une image forte et très positive en Russie grâce, notamment, à la coopération engagée pour l'avion de transport régional Sukhoi Superjet 100 et son moteur, le SaM146. L'activité hélicoptère est aussi très porteuse et correspond parfaitement aux domaines d'excellence du Groupe. » Grâce à une politique de coopération et de partenariat audacieuse, le groupe Safran est bien placé pour participer à son développement.

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