Hélicoptères : l’enjeu de la motorisation

Pour l’industrie de l’hélicoptère, la réduction des coûts d’opération et de l’empreinte écologique constitue un enjeu essentiel. Jacques Brochet, directeur technique de Turbomeca (groupe Safran) explique comment le motoriste s’y prépare.

En quoi la motorisation est-elle aussi importante pour l'avenir de l'hélicoptère ?

La motorisation est la clef de voûte de l'hélicoptère moderne et de ses performances. C'est aussi son talon d'Achille financier, puisqu'elle représente 30 à 40% du coût d'opération direct (DOC). Le motoriste est donc en première ligne face au prix du pétrole, qui connaîtra sans doute une envolée quand sa production commencera à décliner. La réduction de la consommation, qui est notre objectif prioritaire, nous permet donc de gagner sur les deux tableaux : baisse du DOC et réduction des émissions polluantes.

Quelle est la réduction de consommation espérée et quelles sont les solutions avancées par Turbomeca pour l'atteindre?

D'ici 2020, nous visons une réduction de 25% de la consommation spécifique du moteur, de 25% des émissions de CO2 et de 60% des émissions de NOx, avec à la clef, une diminution de 10dB du bruit perçu. Nous obtiendrons ces gains de performance en améliorant les techniques existantes, sans changer le concept dominant qui est celui de la turbine à gaz. Depuis 25 ans, l'expérience montre que nous gagnons en moyenne chaque année 1 à 1,5% en consommation spécifique et en rapport puissance sur masse. Cette tendance sera confirmée en exploitant toujours mieux les possibilités offertes par le système de régulation avec un FADEC, en développant des compresseurs et des turbines complètement « 3D », en introduisant le calage variable des aubes, en maîtrisant mieux les jeux dans les compresseurs et turbines….

Comment préparez-vous le futur à plus long terme ?

Après 2020, ces efforts ne suffiront plus. Nous arriverons sans doute en butée sur les turbines de petite et de moyenne puissance, du simple fait des lois physiques. Des gains additionnels devront alors être trouvés avec d'autres concepts technologiques où la fourniture de puissance sera une combinaison de sources d'énergie différentes, chacune fonctionnant à son optimum. Pour préparer ce futur, Turbomeca a lancé une démarche «d'innovation en rupture» avec une petite équipe spécifique. Son travail est de faire le lien entre des poches de connaissances éloignées les unes des autres, pour dégager des applications insoupçonnables à priori.

En combinant les gains sur la motorisation proprement dite, avec ceux obtenus grâce aux améliorations du rotor et à l'intégration du moteur dans la cellule, il est possible de penser que vers 2025, nous aurons divisé par deux la consommation de l'hélicoptère.

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