Trois questions à Marc Ventre, membre du directoire, branche Propulsion aéronautique et spatiale du groupe Safran

Fin juin 2010, l'European Aviation Safety Agency a certifié le moteur SaM146 développé conjointement par Snecma (groupe Safran) et NPO Saturn pour l'avion régional Superjet 100 de Sukhoi.

Quel regard portez-vous sur cette nouvelle étape du programme SaM146?

Je voudrais d'abord dire qu'il s'agit d'un grand succès, et même d'une première. Jamais auparavant des industriels français et russes ne s'étaient ainsi associés dans le cadre d'un partenariat 50/50 pour développer un moteur destiné à des avions civils. Je tiens donc à saluer le travail des équipes de Snecma et NPO Saturn pour avoir franchi ce jalon important. Ils ont réussi à développer un moteur performant et robuste, gage de faibles coûts de possession pour les futurs exploitants. Ce moteur apporte vraiment quelque chose de plus sur le marché par rapport à l'offre de la concurrence. C'est un peu l'équivalent du CFM56 pour les avions régionaux de 70 à 100 places.

Comment la coopération avec NPO Saturn s'est-elle construite?

A l'origine, il y a une dizaine d'années, nous avions fait appel à NPO Saturn pour la fabrication de certains composants du moteur CFM56. Comme cette coopération se passait bien, nous avons eu l'idée de répondre ensemble à l'appel d'offres de Sukhoi pour la motorisation de son Superjet 100.
A partir de là, il a fallu que nous nous organisions pour développer un moteur ensemble, ce qui n'était pas simple. Mais nous sous sommes appuyés pour cela sur notre expérience au sein de CFM, qui est le symbole même d'une coopération réussie en matière d'aéronautique civile. Elle dure depuis trente ans, et nous l'avons renouvelée jusqu'en 2040. La capacité à travailler en partenariat fait partie des fondamentaux du Groupe.
Au fur et à mesure du développement de ce moteur, notre coopération avec NPO Saturn s'est étoffée. Nous avons investi en commun dans un atelier, en grande partie dédié au moteur SaM146, au sein d'une JV nommée Volgaero, ainsi que dans un banc d'essai à l'air libre situé à Poluevo (Russie). Il n'existe que deux autres installations comparables dans le monde !

Quelle est la prochaine étape de ce programme ?

La mise en service du moteur devrait intervenir d'ici la fin de l'année 2010 avec la livraison des premiers avions aux compagnies Aeroflot et Armavia. Nous restons concentrés sur ces premières mises en service, qui doivent démontrer les performances de notre moteur sur un plan opérationnel et la capacité à assurer le support. Nous envisagerons ensuite d'élargir le marché, mais chaque chose en son temps…

Appuyer sur Entrée pour valider ou Echap pour fermer