Deux questions sur la pollution par les cendres volcaniques

L’éruption en Islande du volcan Eyjafjöll perturbe encore le transport aérien en Europe. Des experts techniques de Safran participent aux travaux en cours menés par des instances gouvernementales (DGAC en France et Civil Aviation Authority en Grande-Bretagne). Jacques Renvier, de la Direction Technique et R&T de Snecma (groupe Safran) apporte des précisions sur ce nuage qui cloue les avions au sol.

De quoi un nuage de cendres volcaniques est-il constitué ?

La pollution volcanique est composée de particules de lave de très petites dimensions allant de quelques microns à des tailles de l'ordre du dixième de millimètre. Ces particules sont constituées d'au moins 80% de silice, matériau fortement abrasif, et de composés soufrés.
Les particules de faibles tailles se retrouvent en suspension dans l'atmosphère à des altitudes correspondant au vol des avions et se déplacent sur des milliers de kilomètres. En termes de prévention, ces nuages volcaniques ne sont pas toujours facilement détectables, à l'oeil nu ou par radar.

Quels sont les effets des cendres volcaniques sur les avions et leurs moteurs ?

L'ensemble des analyses consécutives à des vols effectués dans ces nuages se résume par trois grands thèmes pour ce qui concerne les moteurs :

  • L'érosion des aubages de la veine compresseur, conduisant à une perte d'opérabilité notable du moteur ;
  • La fusion des particules à la traversée de la chambre de combustion suivie d'une re-solidification de la silice sur les aubages des distributeurs de la turbine haute pression, dégradant ainsi sa capacité de débit, et sa tenue thermique dans le temps. L'obstruction de la section de passage remonte la ligne de pompage du compresseur HP, affectant son opérabilité.
  • La contamination par ces particules de l'air de prélèvement affecté aux ventilations du moteur, aux sondes de régulation et au conditionnement d'air.
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