3 questions à Jean-Christophe Dalla Toffola, directeur des partenariats internationaux d’Aircelle.

Aircelle (groupe Safran) vient de constituer deux coentreprises dans le domaine des nacelles. Jean-Christophe Dalla Toffola revient sur la création de ces sociétés aux logiques très différentes, mais tout aussi structurantes pour l’avenir d’Aircelle.

Quelle est la logique qui sous-tend la création de la joint-venture AMES (Aerostructure Middle East Services) avec Air France Industries ?

Aircelle doit développer mondialement sa présence dans le métier de la maintenance, avec pour objectif à terme de doubler la part des services dans son chiffre d'affaires. Le Moyen-Orient est une région où de nombreux clients opérateurs de produits Aircelle sont présents. L'alliance avec AFI permet de profiter de son expertise reconnue dans la maintenance des avions (y compris des nacelles) qui complétera celle d'Aircelle dans les nacelles, tout en offrant aux clients un savoir-faire technique d'OEM (Original Equipment Manufacturer). Notre objectif à terme est de nous implanter sur différents continents pour offrir systématiquement un service de proximité, notamment avec des acteurs reconnus de la maintenance aéronautique.

Pour la création de la coentreprise Nexcelle avec Middle River Aircraft System (MRAS), filiale de GE, comment le projet s'est-il construit concrètement ?

Nous nous sommes fortement appuyés sur les relations entretenues depuis plus de 35 ans entre nos groupes respectifs, particulièrement au travers des filiales « moteurs » de GE et de Safran. C'est un accord qui fonctionne remarquablement bien et qui permet d'équilibrer les charges de travail sans barrières psychologiques ou commerciales ! Nous avons intégré les leçons apprises dans le contrat de création de Nexcelle, mais nous avons voulu garder une formulation qui soit la plus simple possible, avant tout basée sur cet esprit de confiance réciproque.

D'un point de vue technique, quel est le gain qu'un tel rapprochement peut apporter aux avionneurs ?

La société Nexcelle va travailler en étroite symbiose avec les motoristes Snecma (groupe Safran) et General Electric. Dès le démarrage d'un projet, nous pourrons réfléchir ensemble à l'intégration parfaite du moteur et de la nacelle. L'un et l'autre sont aujourd'hui deux ensembles distincts que l'on assemble sous l'aile. Si on les conçoit simultanément, l'un en fonction de l'autre, on s'offre la possibilité de mieux les dimensionner et de faire des économies de masse. Un carter peut, par exemple, devenir un élément de structure. Sur un ensemble moteur/nacelle d'environ trois tonnes, le gain pourrait facilement dépasser 5%.

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