Quand la vie ne tient qu’à un siège

Depuis 50 ans, Safran équipe les avions français de sièges éjectables toujours plus performants. 658 pilotes leur doivent la vie.

« Je me suis dit : aujourd'hui, je vais mourir », raconte d'un ton calme Max Moutoussamy, commandant de bord. Nous sommes en mars 1991, alors qu'il se prépare à atterrir, son moteur gauche prend feu. Après plusieurs manoeuvres pour tenter de poser son appareil, Max Moutoussamy comprend qu'il n'a plus qu'une seule solution pour rester en vie : s'éjecter. « Grâce à mon siège, je me suis retrouvé au sol seulement sept secondes et demie après avoir tiré la poignée d'éjection. Les séances d'entrainement au simulateur d'éjection m'ont aussi beaucoup aidé. »
Pour ses cinquante ans, SEM MB, filiale à 50/50 de Safran et de Martin Baker, peut être fière de son bilan. Sur les 5 350 sièges éjectables qu'elle a fabriqués, un peu plus de douze pour cent ont été activés et 658 vies ont été sauvées. « Nos équipements doivent être irréprochables, précise Jean-Pierre Ledey, président de SEM MB, car on ne sait qu'ils fonctionnent bien que quand on a besoin de s'en servir. C'est pour cette raison que nous veillons constamment à la fiabilité de nos matériels et portons une attention particulière aux opérations de maintenance. Pour conserver notre expertise technique, nous restons très à l'écoute des pilotes et aux retours qu'ils peuvent nous faire. »



Du Mirage III au Rafale
En cinquante ans, les avions français ont bien changé et leurs sièges éjectables aussi. Contrairement au modèle MK4 du Mirage III qui équipe encore certains avions mais est en cours de remplacement sur les Alpha Jet, le siège MK10 du Mirage 2000, équipé de moteur fusée, permet une éjection zéro/zéro (altitude et vitesse nulle de l'avion). Celui du Rafale, le MK16 de dernière génération, permet de s'adapter aux conditions de vol (vitesse, altitude) au moment de l'éjection, il dispose aussi d'un système de largage automatique de la survie (SLA) et d'un système passif de maintien des jambes et des bras. Certains sièges sont même capables de tenir compte des caractéristiques physiologiques des pilotes (taille, poids). Avec un seul objectif, rendre l'éjection plus sûre et moins violente pour l'organisme, notamment au niveau de la tête et du cou.



http://www.martin-baker.fr

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