Marc Guillemot, skipper du bateau SAFRAN

Le skipper trinitain est arrivé 3e au Vendée Globe 2008, après un tour du monde marqué d'événements particulièrement intenses. Le groupe SAFRAN est largement impliqué dans la construction et le développement de son monocoque. Rencontre avec Marc Guillemot, quelques jours après la fin de cette épopée.

Quelle est la contribution technique du groupe SAFRAN qui t'a été la plus utile pendant cette course ?

De manière générale, l'implication du Groupe est exceptionnelle et toutes les personnes qui ont participé à la construction de ce bateau -notamment les ingénieurs- peuvent en être fières.
Pendant la course, le détecteur d'OFNI (Objet Flottant Non Identifié) était souvent en marche dans le Sud et cela m'apportait de la sérénité. Heureusement, je n'ai rien détecté de dangereux, même si ceux qui ont fait ce système auraient bien aimé que je détecte des choses !... En tout cas, il fonctionne car j'ai détecté des petits objets flottants à la surface, mais pour bien le tester il faudrait aller naviguer près des growlers (petits icebergs, ndlr)... C'était assez expérimental et il faut continuer les tests, aller faire des essais dans le grand Sud.



Es-tu satisfait du bateau SAFRAN après une course aussi intense ?

Je suis très content de mon bateau, on y a mis beaucoup d'énergie avec SAFRAN, les architectes et mon équipe. Il a fallu associer beaucoup de compétences complémentaires pour le créer et j'ai énormément de plaisir à naviguer avec. C'est un vrai bon bateau même s'il a rencontré pendant cette course des avaries importantes. La preuve que le bateau SAFRAN est très sain : jamais je n'aurais pensé qu'il était possible de naviguer six jours sans quille...
J'espère que j'aurai d'autres occasions en solitaire, en double ou en équipage pour montrer toutes ses capacités.



S'il fallait ne retenir qu'un épisode de "ton" Vendée Globe, quel serait-il ?

Il y a eu beaucoup de moments très forts dans cette course, beaucoup d'images emmagasinées pendant 97 jours... Le plus grand moment d'émotion pour moi a été le sauvetage de Yann Eliès. Je le savais très blessé ; ne pouvant pas directement intervenir, cela m'a posé pas mal de problèmes psychologiques auxquels on ne pense pas. On se sent complètement impuissant face à la souffrance de l'autre. Du coup ça fait souffrir en même temps, d'autant plus que j'avais vécu une situation presque similaire (lors du chavirage du multicoque Jet Services en 1985, ndlr)- les mêmes douleurs en tout cas- et je mesurais donc la difficulté qu'il pouvait avoir à les supporter.
C'était très chargé d'émotion. Je pense que même sans avoir été en contact physique avec Yann, cet épisode restera gravé très très longtemps dans ma tête. Nous avons tous les deux vécu quelque chose de très fort et ça l'a été d'autant plus que Yann était à l'arrivée pour en témoigner. Cela ne nous empêchera pas de nous battre sur l'eau à nouveau mais un lien supplémentaire s'est vraiment créé.



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