
Jean-Paul Herteman, Président directeur général de Safran | © Eric Larrayadieu / Interlinks-image
S’il ne fallait en citer qu’un, quel serait l’événement commercial majeur de 2011 pour Safran ?
Avec plus de 3 000 commandes, le moteur LEAP a reçu un accueil exceptionnel. Retenu à la fois par Airbus, Boeing et Comac pour équiper la prochaine génération d’avions court et moyen courriers, il s’annonce d’ores et déjà pour les décennies à venir comme le digne successeur du CFM56 de CFM International. La joint-venture Safran-GE a atteint en 2011 un record historique de 52 milliards de dollars de commandes et d’engagements fermes au prix catalogue. Ces ventes, qui servent de socle aux futures activités de services, sources de revenus récurrents, sont la garantie d’une transition harmonieuse et contrôlée entre nos deux générations de best-sellers.
Quelles portes cela ouvre-t-il ?
Avec un résultat opérationnel courant en hausse de 35 % et une capacité d’autofinancement élevée, soutenant des investissements en forte progression, Safran confirme son potentiel de développement. Nous investissons dans de nouvelles technologies, modernisons notre outil industriel, élargissons notre présence dans les marchés en croissance, consolidons notre leadership sur la prochaine génération d’avions – A320neo, 737 MAX et C919 – tout en préparant dès aujourd’hui les ruptures technologiques de la génération suivante, qui devrait voir le jour d’ici une quinzaine d’années.
Toujours du côté des ventes, que faut-il souligner d’autre pour ce millésime ?
Parmi les nombreux autres succès porteurs de promesses, deux sont particulièrement significatifs : au Brésil, Safran a été sélectionné par Embraer pour la fourniture du système de distribution et l’intégration électrique du KC-390 ; ceci marque une étape vers de nouvelles activités liées à l’avion plus électrique. En Inde, le déploiement du programme d’identité Aadhaar a franchi le seuil des 100 millions d’attributions de numéros d’identification et atteint un rythme d’enrôlement de près de 1 million de personnes par jour.
En matière de croissance externe et de partenariats, l’année a aussi été plutôt riche, n’est-ce pas ?
En effet, Safran a mené à bien plusieurs opérations stratégiques qui ont renforcé ses positions. L’acquisition de SNPE Matériaux Énergétiques (SME) donne naissance, avec la création d’Herakles, au deuxième industriel mondial de la propulsion fusée à propergol solide. L’intégration de L-1 Identity Solutions consolide notre position de leader mondial des solutions biométriques et fait de Safran l’un des trois premiers acteurs de la sécurité technologique, avec 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires et plus de 7 000 collaborateurs. Dans les activités de défense, l’accord conclu avec Thales ouvre la voie à une optimisation des technologies optroniques, gage de pérennité dans un environnement mondialisé. Par ailleurs, la co-entreprise créée pour développer le green taxiing avec Honeywell, l’un des leaders mondiaux des équipements aéronautiques, constitue la combinaison gagnante pour proposer au secteur aéronautique une voie nouvelle, qui améliorera l’efficacité opérationnelle des compagnies aériennes et facilitera le développement durable du transport aérien.
On perçoit de l’extérieur une entreprise en mouvement et qui a acquis une certaine maturité… Pouvez-vous commenter ?
2011 a été chez Safran l’année de la mise en place d’une nouvelle gouvernance, plus en phase avec l’environnement dans lequel nous évoluons. Cela a également été celle de l’entrée au CAC 40, qui témoigne de l’appréciation par les marchés du potentiel de développement du Groupe. Au cours des dernières années, Safran a su négocier son repositionnement sur ses trois activités – l’aérospatial, la défense et la sécurité –, gérer avec sérénité la crise économique et financière, réussir le remplacement du CFM56 et investir dans le secteur de la sécurité à travers plusieurs acquisitions majeures. Sur le long terme, nous pouvons aujourd’hui regarder l’avenir avec confiance.
Dans le contexte actuel, bien rares sont les entreprises qui bénéficient d’une telle position…
C’est vrai, et pour accélérer encore sa croissance, Safran va amplifier son effort de recherche et d’innovation, relever le défi industriel que constitue la livraison des moteurs LEAP et augmenter la part des activités de service dans ses revenus pour dynamiser son modèle économique. Tout cela suppose de continuer à attirer les meilleurs talents. Le Groupe, qui a recruté près de 6 000 personnes en 2011, dont la moitié en France, en recrutera autant en 2012 : des femmes et des hommes passionnés, engagés et responsables, qui veulent contribuer à l’invention du futur.





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