La double vie de Clément Maynadier : ingénieur chez Safran Aircraft Engines et rugbyman international !

Un ingénieur qui aime le sport : rien d’exceptionnel. Mais un sportif de très haut niveau qui mène de front sa carrière sur les stades et au sein de Safran Aircraft Engines, voilà qui est plus rare ! C’est pourtant ce que vit Clément Maynadier, collaborateur au Support technique M88 à Bordeaux et appelé il y a quelques jours pour défendre les couleurs de l’équipe de France de rugby.
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Naître à Albi, au coeur de l'ovalie mais aussi à quelques pas d'une faculté des sciences réputée (l'université Champollion) et d'une grande école d'ingénieurs (les Mines d'Albi), suffit-il à forger un destin ? Sans doute pas, mais c'est le chemin que suit, très tôt, Clément Maynadier. Avec succès, puisqu'il accompagne le Sporting Club Albigeois lorsque celui-ci accède au Top 14, l'élite du rugby français, tout en décrochant son diplôme d'ingénieur, avec une double spécialisation en bureau d'études, ainsi qu'en diagnostic et contrôles. Une double consécration qui n'a rien d'un feu de paille : en 2013, après 5 saisons à Albi, Clément est recruté par l'Union de Bordeaux-Bègles, un des plus grands clubs de France. Déménagement, changement de vie : pendant un temps, le sport prend le dessus. Le sport… et la famille, puisque Clément est devenu papa ! « Depuis longtemps, je menais tout de front », explique-t-il : « il fallait faire des choix, prendre un moment pour se recentrer ! »

Un moment, mais guère plus : très vite, le naturel reprend le dessus, et Clément se dit que ses journées ne sont pas totalement remplies après avoir rangé les crampons. C'est alors que se présente l'opportunité de représenter son club lors d'une journée de recrutement consacrée à l'aéronautique. Une occasion qui lui permet de rencontrer Pierre Anglès, directeur du support moteurs militaires France chez Safran Aircraft Engines. Intéressé par son parcours, celui-ci, quelques jours plus tard, lui propose de rejoindre la société, avec des horaires aménagés, pour travailler au support technique M88. «  Clément incarne les valeurs du rugby qui me sont chères et qui constituent le fondement du management des équipes, souligne Pierre Anglès. L'engagement, le courage et l'abnégation notamment, contribuent à cimenter l'esprit de ‘l'équipe de France du M88'. »

« Mon travail porte essentiellement sur la mise en place d'outils de mesure et de contrôle. C'est une évolution très importante pour moi : je retrouve une activité professionnelle qui me permet de faire fructifier mon diplôme, et je suis en contact permanent avec le monde « normal », ce qui n'est pas toujours facile quand on pratique le sport à haut niveau. »

 

Anticiper l'après-rugby

Un an et demi plus tard, cette situation très particulière continue de combler Clément, pris dans la mêlée au moment de comparer ses deux métiers : « au fond, il y a beaucoup de points communs : comme talonneur et comme ingénieur, je dois être concentré à 100 %, et il y a deux équipes autour de moi ! Deux équipes où la solidarité et le désir de réussir sont essentiels. Pour moi, il n'y a pas d'opposition, mais une vraie complémentarité ».  Pour aujourd'hui comme pour demain : à 27 ans, Clément sait qu'un jour, il devra penser à sa reconversion. « Grâce à ce lien avec le monde du travail, beaucoup de possibilités existent : mon travail actuel me permet d'imaginer une vie d'ingénieur, de préférence à l'international. C'est très rassurant d'avoir cette perspective, même si je continue d'être rugbyman à 100 % ». Et même plus : lorsque nous l'avons rencontré, Clément nous disait en souriant : « Le Top 14, c'est fantastique. Mais l'Equipe de France, même si j'en ai fait partie en junior, je n'y pense même pas ! » Quelques jours plus tard, Guy Novès, le sélectionneur des Bleus,  l'appelait  pour disputer une tournée en Argentine… histoire d'enrichir un peu plus cette double vie passionnante !